Les algues avides de CO2

jeudi 22 octobre 2009

Depuis 2001, les scientifiques du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur le Climat) lancent un avertissement : pour éviter le pire irréversible, le réchauffement de la planète doit se limiter à 2°C en fin de siècle par rapport à la période 1980-1999, impliquant la réduction de moitié des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2050 par rapport à celle de 1990. Dans ces conditions, le danger est grand de n’envisager qu’ "une solution miracle" pour tous les aspects du réchauffement climatique.

Une alternative à l’enfouissement du CO2

Les besoins énergétiques croissants pointent le CO2 du doigt (alors qu’il est loin d’être le seul gaz à effet de serre). Une première approche voudrait l’enfouir, ce qui suppose de nombreuses installations coûteuses. Une autre solution a été avancée : au lieu de le faire disparaître à prix d’or, son utilisation par des algues pourrait fournir du biocarburant. Elles permettraient de faire d’une pierre deux coups : lutte contre le réchauffement climatique serait associé au développement des énergies renouvelables.

Lorsqu’elles sont ensoleillées, les micro-algues parviennent à recycler plus de 80% du CO2 par photosynthèse, et environ 50% en cas de moindre luminosité. Une fois séchées, elles sont récupérées pour obtenir de l’éthanol, du méthanol, du biodiesel ou des protéines végétales. De quoi enclencher un nouveau cycle de consommation, ce que regrettent les partisans de solutions plus radicales d’économies d’énergie.

Mais le carburant à base d’algues (par exemple :Chlorella, Parietochloris incisa), des Diatomées (Amphora sp., Nitzchia sp., Chaetoceros sp.) n’est pas encore prêt à envahir les stations-service, avertit Roy Swiger, car la production d’un seul gallon (3,8 litres) revient à 100 dollars, pas vraiment une économie !