Le temps de latence de l’argent colloïdal

dimanche 6 juin 2010

Temps de latence plus ou moins long

Si certaines inventions comme la fabrication du fil de nylon restent sans applications pendant une période de latence plus ou moins longue, d’autres innovations, en revanche, tombent dans l’oubli faute d’usagers. Ainsi l’argent colloïdal, encore en usage en 1938, existait sous plus de quatre-vingt-dix préparations médicales brevetées commercialisées par les plus grands noms de l’industrie pharmaceutiques. Après cette période, les anti-biotiques, de fabrication bien moins coûteuse, ont évincé l’argent colloïdal des officines pharmaceutiques. Il se pourrait bien, cependant, qu’il attire de nouveau l’attention du corps médical non seulement parce que les nanotechnologies ont abaissé le prix de revient des particules d’argent en suspension mais également parce que les microbes résistants aux antibiotiques se sont multipliés à tel point qu’ils rendent plus incertains les traitements médicaux des infections microbiennes.

Les propriétés germicides de l’argent sont connues depuis longtemps

Si la disparition de l’argent colloïdal du marché est relativement récente, ses propriétés germicides sont en revanche connues depuis l’Antiquité [1].
De manière empirique, Grecs et Romains avaient déjà remarqué l’efficacité de l’argent pour transporter et stocker toutes sortes de liquides (eau, vin ou vinaigre etc). Sa rareté et par conséquent son prix élevé réservait également l’argent aux ustensiles de cuisine (couverts, récipients etc ) des privilégiés. De même, les médecins chinois pratiquant l’acupuncture depuis environ 7000 ans, après l’usage des épines de bois, se sont tournés, comme les acupuncteurs d’aujourd’hui, vers l’argent ou l’or pour leurs aiguilles.
La biologie et la médecine moderne explique précisément le savoir empirique des Anciens : les recherches modernes ont montré que l’argent métallique se dissout dans l’eau à un taux d’environ 10 parties par milliard, soit 10 μg par litre, et que cette dose pourtant extrêmement faible (0,01 ppm) est toxique vis-à-vis de E. coli et Salmonella typhi. L’effet de la solution d’argent chez les mammifères est du à la différence de composition des membranes cellulaires. La paroi cellulaire des bactéries, constituée par des protéïnes, est très vulnérable aux particules d’argent qui s’y glissent. Elles bloquent le transfert de l’oxygène de la cellule à travers la membrane, ce qui conduit à sa destruction. Au contraire, l’argent n’a aucun effet sur les membranes des cellules de mammifères. La réactivité différentielle des membranes aux nanoparticules d’argent est ainsi à l’origine de ses effets anti-microbiens.

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Argent colloïdal
De fabrication actuellement aisée et bon marché , l’argent colloïdal redevient un rival des antibiotiques faces à leurs microbes resistants

Cette solution aqueuse à 25 ppm de particules d’argent colloïdal de 4 à 10 nm, parfaitement transparente et pure, inodore est sans goût particulier. Son efficacité pour guérir plus de 650 maladies sans effet secondaires notables en fait un remède appréciable. [2]

Les souches résistantes provoquent une crise des antibiotiques

L’argent colloïdal reviendra-t-il en force pour certaines thérapeutiques résistantes aux antibiotiques ?

L’abaissement des coûts de production des nanoparticules actuelles semblent réserver à l’argent colloïdal un avenir prometteur. Toutefois, non brevetable, il devient un concurrent de certains produits pharmaceutiques aux rendements financiers enviables. Il est donc probable que les laboratoires pharmaceutiques feront obstacle à la résurrection de l’argent colloïdal : une longue période de latence est à escompter à moins d’une disparition programmée.


[1Les Macédoniens plaçaient des plaques en argent sur les blessures pour aider à leur cicatrisation. Vers 400 avant J.C., Hippocrate enseignait que la fleur d’argent (poudre extra-fine) cicatrisait les blessures ulcérées. En 69 avant J.C., le nitrate d’argent figurait dans la pharmacopée romaine. En 78,
Pline l’Ancien écrit dans son Histoire naturelle que l’argent possède des propriétés thérapeutiques et se révèle « très efficace dans la cicatrisation des blessures quand il est incorporé aux plâtres. » Gerber (702-765), musulman fondateur d’une école associant astrologie et alchimie, rapporte que le nitrate d’argent possède des propriétés thérapeutiques.
Avicenne (980-1037), médecin et philosophe iranien, utilisait l’argent pour purifier le sang, entre autres sous forme de poudre et de pilules argentées. Paracelse (1493-1541), alchimiste et médecin suisse, conseillait lui aussi l’usage médical de l’argent.

[2Parmi elles, on peut citer les affections suivantes : amygdalite, angine, appendicite, blennorragie, blépharite, catarrhe nasale, colite, coqueluche, cystite, diarrhée, diphtérie, dysenterie, eczéma (diverses formes), furonculose, grippe, hémorroïdes, impétigo, intestins (troubles intestinaux), leucorrhée, Ménière (syndrome de), méningite cérébro-spinale, ophtalmie purulente des nouveaux-nés, oreille (affections de I’), phlegmons, prostate (hypertrophie), prurit anal, pyorrhée alvéolaire, rhinite, rhumatismes inflammatoires, scarlatine, septicémie, teigne, typhoïde, ulcères septiques (jambes), verrues, vessie (irritation). source :Le magazine H.E.L.P.fuI News.