Un interdit conduit au prix Nobel

dimanche 14 octobre 2012

Des cellules sujettes à controverses

Les décisions politiques d’interdire tel ou tel domaine de recherche paraissent un obstacle au progrès scientifique. Si l’on en croit le professeur Shinya Yamanaka, il n’en est rien. Après l’obtention avec avec John B. Gurdon du Prix Nobel de Médecine , il confie à Philippe Mesmer [1]

"C’était en 1999. Comme l’utilisation des cellules souches d’embryons humains était interdite, j’ai décidé de chercher une méthode permettant de produire des cellules équivalentes à celles d’embryon." Pourtant ses recherches antérieures sur artériosclérose et l’hypertension ne le prédéstinait pas à tourner cet interdit ! Mais ces thèmes de recherche l’amène à essayer de comprendre le rôle d’un gène des souris transgéniques. Intuitivement, il trouve alors les facteurs de transcription aboutissant aux cellules iPS (Cellules Souches Pluripotentes).

Interdire : ne pas reculer mais mieux sauter

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Xenopus laevis
Stades de développement de Xenopus laevis

Cette méthode d’obtention de cellules souches par dé-différenciation d’une cellule déjà spécialisée, comme une cellule de la peau, ravit les partisans d’une recherche scientifique éthique puisque, loin de transgresser l’interdit, le professeur Shinya Yamanaka l’utilise pour trouver un moyen d’obtenir des cellules souches (en particulier humaines) sans les extraire de cellules embryonnaires. Pour ce faire, les travaux de John Gurdon, de l’Université de Cambridge des années 1960 lui montre la voie : la réversibilité de la spécialisation des cellules est possible. Ses travaux, toutefois ne portaient pas sur les cellules souches embryonnaires humaines mais sur les cellules reproductrices (ovocytes) de Xenopus laevis auxquelles il avait transplanté le noyau d’une cellule de l’épithélium pour constater un développement normal d’un animal adulte.


[1dans "Shinya Yamanaka, père des cellules souches pluripotentes" Le Monde.fr | 08.10.2012