Un savant qui s’ implique dans sa recherche : Barry Marshall

lundi 30 juillet 2007

Avant 1980, l’idée qu’une bactérie puisse survivre dans le milieu acide de l’estomac était considéré comme une hérésie par le corps médical. On doit cependant à Barry Marshall et Robin Warren la découverte de Helicobacter pilori par biopsies sur une centaine de patients. Mais il restait à prouver que la bactérie provoque des ulcères en la cultivant en laboratoire Après des tests sur animaux, restait l’ultime étape : reproduire l’expérience sur l’homme. Et pour cela, les chercheurs ont eu besoin d’un cobaye. Ce sera Barry. "C’était un processus compliqué, il était plus facile que j’essaie sur moi-même", expliquera-t-il simplement. En secret Barry Marshall absorbe une solution de Helicobacter pilori et souffre 10 jours durant de vomissements et de maux de ventre. "Il était très malade ", raconte Adrienne sa femme découvrant le pot aux roses ( ou plutôt) le pot aux bactéries ! Après avoir pris des médicaments, sa décision est prise, il orientera ses recherches en gastro-entérologie mais éliminer la bactérie, c’était du même coup diminuer les gains des laboratoires pharmaceutiques (les anti-ulcéreux faisaient recette à l’époque ) ! Pour convaincre, il ne compte que sur le départ à la retraite des sceptiques ! Mais finalement, en 1994, les Instituts nationaux de santé des Etats-Unis reconnaissent officiellement le rôle de la bactérie dans les ulcères et recommandent les traitements antibiotiques prônés par les deux chercheurs. La suite n’est qu’une longue liste de reconnaissances officielles, culminant avec le prix Nobel.
Du point de vue de la créativité, on a là l’ exemple d’une idée recue mise en examen, puis une implication du savant allant jusqu’à auto-expérimentation.
Sources : Marie-Morgane Le Moël
Barry Marshall : l’hérétique des ulcères, LE MONDE | 27.07.07 | 14h49


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